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Mme Veuve AMOURETTE, M P RUDOLPH ses grands-parents, M. et Mme Pierre AMOURETTE ses parents,      M.et Mme Bernard AMOURETTE et leurs enfants, Mlles Anne-Marie, Marie-Françoise Geneviève ses frères et sœurs M. et Mme Camille AMOURETTE et leurs enfants, M. et Mme Antoine AMOURETTE et leurs enfants, M. et Mm Bernard AMOURETTE et leurs enfants, ses oncles et tantes, les familles DENOILLES, GIBON, GUERIN, BOUTEILLER, GIACOBBI, la direction et le personnel des chargeurs réunis, vous font part du retour du corps de :

 Jean-Pierre AMOURETTE

Lieutenant au long cours

Enseigne de vaisseau de fusiliers marins

Chevalier de la légion d’honneur

Médaille de la valeur militaire avec palme

Tombé le 29 08 1956 au combat du djebel Zakri ;

Le service d’inhumation a eu lieu dans l’intimité le 28 Juin en l’église Saint Michel, 107 avenue Foch.

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Jean-Pierre est mort le 29 08 1956, souvenez-vous. Le 29 01 1959 il reçoit un courrier du capitaine de vaisseau commandant la demi-brigade de fusiliers marins lui faisant savoir qu’il a fait étudier par la maison HERMÈS un foulard de la DBFM et réclame à Jean-Pierre un montant de 4500 F pour chaque pièce commandée. Je pense qu’après avoir été nommé amiral ce personnage a quitté la marine pour se destiner à ce genre de négoce qui le préoccupait tant en 1959.

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A L B

Nemours le 29 01 1959 

 Marine nationale

4 ème région maritime

demi-brigade de fusiliers marins

Etat-Major

N° 29 CDT

 Mon cher camarade,

J’ai fait étudier par la maison Hermès un foulard DBFM qui sera effectivement réalisé vers la fin du mois de Mars. Ce foulard, en soie, de 1 mètre carré, représente des marins en tenue de campagne verte, portant des fanions rappelant les noms des différents postes de la demi-brigade de fusiliers marins. Au premier rang figure un porte-drapeau, les fanions des trois bataillons, les quatre commandos marine et de Yatagan.

Si vous désirez obtenir un ou plusieurs exemplaires de ce foulard, je vous demande de m’en prévenir par lettre avant le 15 Février en joignant un mandat de 4 500 francs pour chaque foulard.

Dès qu’il sera réalisé ce foulard vous sera envoyé franco de port par la maison Hermès, directement à l’adresse indiquée.

Je vous signale que ce foulard est déjà très demandé et qu’en procédant ainsi je désire donner une priorité certaine aux anciens de la DBFM. La mise e vente publique n’aura lieu en effet que vers le mois de Juin et à un prix très supérieur à 4 500 francs.

Veuillez croire à mes meilleurs sentiments 

Le capitaine de vaisseau GUILLON

Commandant la demi-brigade de fusiliers marins

Monsieur AMOURETTE Jean

Enseigne de vaisseau de 2ème classe ®

107 avenue Foch

Le Havre ( Seine Maritime)

3) TOUZET Jean, matelot charpentier, 2/DBFM

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                               TOUZET Jean


Fiche du relevé N° 32442, Labastide-d’armagnac (40) monument aux morts

Date du décès : 29 08 1956

Lieu du décès : Djebel Zakri ( Algérie)

Référence N° : bp 05 - 1558577

Fils de Charles et de Rivière Marie il est né le 09 04 1935 à Lagrange ( Landes)
Brevet d’enseignement industriel de menuisier le 28 06 1952 et du CAP de menuisier en Juillet 1952, il voulait s’installer à son compte dès son retour d’Algérie.

Devancement d’appel puis affectation à la DBFM. Il devait partir en permission une vingtaine de jours, embarquer d’Oran pour Marseille, le 4 Septembre 1956, le bateau partira sans lui.

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                                                  Touzet Jean


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B

Enseigne de vaisseau de 2ème classe

BONDUELLE

4ème section 24ème compagnie DBFM

poste navale Oran

Béraoun le 20 Septembre,

Mon Capitaine,

L’action au cours de laquelle a été tué le matelot Jean TOUZET s’est déroulée le soir du 29 Août.


Le bouclage de la région du djebel Zakri à l’Ouest de Nédroma mettait en œuvre plusieurs bataillons, Spahis, REI, fusiliers marins, artillerie, commandos marine, aviation.


Dès le petit jour des rebelles en uniforme et armés tentent de sortir de la nasse, d’autres déguisés en paysans sont des marocains sans papiers ou des rebelles connus. A midi le dispositif se resserre, à 16 H les derniers rebelles sont retranchés dans trois mechtas près d’un ravin en terrasses irriguées couvert d’arbres fruitiers.


A la nuit tombée la bande était détruite ( 60 armes dont trois FM).


La quatrième section de la 24ème compagnie a participé au bouclage et à la dernière phase de l’action. A midi, avec un camarade le matelot TOUZET avait découvert dans une mechta des rouleaux de fil téléphonique, des explosifs, des effets militaires et avaient mis le feu sur ordre. A 13 H les fusils mitrailleurs des 3ème et 4ème sections amenés en hâte sur une croupe abattent deux fellaghas à 800 mètres. J’ai vu le matelot TOUZET tirer plusieurs coups de fusil à ce moment là, le fusil bien appuyé sur une pierre, il s’appliquait comme à l’exercice. A 14 H la section progresse et à 16 H elle se trouve à proximité des mechtas fortifiées et du ravin qui sont sans cesse mitraillés par la chasse.


Les mechtas sont prises d’assaut à la grenade par les voltigeurs de la 4ème section sous la protection de deux chars.


C’est au cours d’une petite reconnaissance dans le verger situé en contrebas de ces mechtas que TOUZET a reçu une balle dans la tête.


Le lieutenant de la compagnie et un autre voltigeur ont été blessés à mort au même endroit et au même moment, les autres voltigeurs de l’équipe ont remonté le lieutenant et m’ont renseigné. Avec 15 matelots je suis descendu, nous avons retrouvé de suite TOUZET accroupi, mort, le fusil dans les mains, les yeux ouverts, je l’ai fait remonter de ce verger et un hélicoptère l’a emmené.


Les honneurs ont été rendus à Nemours le 30 Août et le corps du matelot Jean TOUZET est au cimetière de Nemours à un kilomètre du centre.


TOUZET a été tue d’une balle de fusil canadien tirée à 10 mètres qui a pénétré au milieu du front et a fait exploser la boîte crânienne.


Le souvenir de Jean TOUZET dont le départ en permission était imminent restera dans le cœur de tous les matelots de la section, des gradés d’active et de son sous-lieutenant. Son sourire et son sens du devoir m’avaient particulièrement frappé.


Je vous prie de recevoir mon capitaine, l’expression de mes respects les plus sincères.

BONDUELLE

PS : Je suis à votre disposition pour compléter ces données ou d’autres choses. Si vous désirez une visite de ma part chez vous ou chez les parents du matelot TOUZET, je m’efforcerai de répondre à votre désir, cela me sera facilité bientôt par ma libération des obligations militaires.

Dominique BONDUELLE

La Voëstyn

Renescure

Nord